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La ruée vers le sable

La ruée vers le sable

Une histoire environnementale du littoral de Los Angeles au XXe siècle


Homme et société



Santa Monica, Venice, Malibu… Les noms des plages de Los Angeles sont connus dans le monde entier et évoquent à eux seuls un paysage naturel paradisiaque où se côtoient, sur un sable immaculé, surfeurs et stars hollywoodiennes. Pourtant, au début du XXe siècle, les habitants de Los Angeles se plaignaient régulièrement de l'état lamentable du littoral : les plages, quand elles étaient accessibles, étaient trop souvent bondées, étriquées et érodées, sans même parler des déchets qui en jonchaient le sol. La ruée vers le sable raconte l'histoire de la grande campagne de modernisation des plages qui, tout au long du XXe siècle, transforme les grèves d’autrefois en espaces de loisir modernes et fait de Los Angeles le modèle incontournable du loisir balnéaire de masse. À partir des années 1920, des ingénieurs, urbanistes, hommes d’affaires et notables se constituent en lobby afin de sauver les plages du désastre. Cette obsession, véritable « ruée vers le sable », donne lieu à une transformation radicale de l’écosystème côtier. Dans l’après-guerre, un nouveau paysage littoral surgit de terre : de vastes plages de sable fin, élargies artificiellement, dotées d’immense parkings et de sanitaires pimpants et bordées d’autoroute urbaines voient le jour. Mais, en aménageant le littoral selon les désirs et les peurs des familles blanches de la classe moyenne, les « modernisateurs » contribuent aussi à en chasser certains groupes, en particulier Africainsaméricains, classes populaires et homosexuels. Mêlant histoire sociale, environnementale et culturelle, cet ouvrage propose une relecture inédite de l’histoire de Los Angeles tout en renouvelant les approches sur l’histoire de la nature en ville et le loisir de masse.