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La promesse du printemps

La promesse du printemps

Tunisie, 2011-2017

Préface de Pierre Vermeren

Aux quatre vents



« Un certain 17 décembre 2010, les Tunisiens ont ouvert une porte et donné le signal à une série de soulèvements qui devaient ébranler le monde arabe. Partout ailleurs, les promesses du nouveau printemps se sont brisées, cédant la place à la violence et aux armes. La révolution sociale avait dégénéré en batailles religieuses, en guerres civiles et en interventions étrangères. Avant de retrouver nos esprits, nous mêmes avons failli, en 2013, nous laisser submerger par un vertige identique. Nous nous sommes dotés, depuis, d'un système de gouvernement pacifié. C’est une avancée considérable, mais qui ne suffit pas, loin de là. Il nous faut maintenant reprendre la marche en avant, réanimer le souffle premier de la révolution, son souffle social, et la faire aboutir. Si nous parvenons à le faire, si nous parvenons à sortir de l’âge théologique ‒ identitaire et à entrer dans l’âge politique ‒ rationnel, les sacrifices n’auront pas été vains. Et le résultat dépassera nos frontières, par l’effet d’exemple que cela pourrait provoquer une nouvelle fois dans la région, en aidant nos voisins à surmonter leurs divisions et à reconstruire leurs sociétés dévastées. La communauté de destin ne relève pas du fantasme, mais de la nécessité objective. La Tunisie n’est pas une île. Nous ne nous sauverons pas seuls. Nous ne surnagerons pas longtemps si les autres Arabes devaient continuer à se noyer. Nous sommes tenus de continuer à avancer. Nous devons réussir. Nous allons réussir. Les révolutions, comme les pièces du théâtre classique, ne se jouent jamais en un seul acte. »

Pierre Vermeren

Pierre Vermeren est professeur d'histoire du Maghreb et du Moyen-Orient contemporains à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et chercheur à l'IMAF. Il dirige le master CIAMO. Il a vécu 8 ans en Égypte et au Maghreb et a publié Le choc des décolonisations (Odile Jacob 2015), et La France en terre d'islam. Empire colonial et religions (XIX-XXe siècle) (Belin 2016).


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Depuis l'avènement de la question d’Orient en 1774, jusqu’à sa résolution en 1922 par la chute de l’Empire ottoman, les puissances européennes ont réduit le Moyen-Orient à sa dimension géopolitique. De « l’Homme malade de l’Europe » à « l’Orient compliqué », celui-ci est appréhendé de l’extérieur.



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